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Le lac Azuei, aussi appellé l’Étang Saumâtre, c’est le principal lac naturel d’Haiti.  Né il y a des millions d’années des caprices de la nature, il est aussi  une zone de dépression.  Il partage à l’Est la frontière avec la Republique Dominicaine.  Logé au pieds de la chaine des Matheux et celle du Trou d’eau, le lac a une superficie d’environ 113 kilomètres carrés.  D’une altitude de 15 mètres par rapport au niveau de la mer, sa profondeur maximale est de 24 mètres avec une moyenne de 8 mètres.

Les visiteurs ont du mal à traduire leur émotion quand ils arrivent au lac, ce qui ressemble à la mer.  La mer selon les géologues se trouvait exactement là et le lac Azuei est donc le résidu d’un bras de mer, à l’instar du Lac Enriquillo, qui est situé pas loin à l’Est en la Republique Dominicaine. Mais contrairement à ce dernier, le lac haitien a évolué entre deux eaux.  Il reçoit un appréciable apport en eau douce provenant de diverses sources, atteignant un débit total d’environ 800 litres/seconde.  Le lac perd le goût salé originel pour devenir saumâtre d’òu sa seconde appelation d’Etang Saumâtre.

Le lac est situé dans la commune de Thomazeau.  Cette commune, à 39 kilomètres de Port-au-Prince, la capitale d’Haiti, a une population forte de 40,000 âmes, principalement paysanne dans cette région de terre plate et brune.  Après cent années d’existence, comme la majorité des communes d’Haiti, elle souffre des carences d’infrastructure de tout type: économique, sanitaire, énergétique, routière, etc.

 

L’environnement continue à se dégrader.  Toutefois, le lac Azuei et son environnement possèdent des ressources naturelles importantes pour Thomazeau.  La biodiversité est très variée: des espèces aquatiques, semi-aquatiques allant des mollusques aux crabes aussi que des espèces variées d’oiseaux fréquentaient le lac.  En 1988, une édition du “Bulletin of the Florida State Museum on Geological Science” revèle la présence d’une quarantaine d’espèces d’oiseaux, l’existence de crocodilles et d’autres mammifères dans le lac.  Mais la majorité des espèces sont déjà disparues et d’autres sont en voie de disparition telles les superbes flamands roses, les hérons, les pies, les rossignols, les ramiers à tète blanche, les serpentiers etc. qui fourrageaient dans le lac et dans son environnement.

Selon une jeune thomassélaise, autre fois on pouvait admirer des dizaines de caïmans ou crocodilles à fleur de l’eau, de nos jours ceci est devenu un miracle.  Ils ont été pour la plupart décimés par des pêcheurs haitiens et dominicains.  Des espèces végétales telles le jonc qui servaient de filtres ou d’habitats protecteurs pour certaines espèces d’animaux  sont devenues très rares à cause de la forte pression qui se fait sur l’environnement.

La pêche représente 10% des activités économiques des thomasselais.  Cependant, selon un petit pêcheur qui prend le lac presque chaque jour, il n’y aurait plus pratiquement de poissons dans l’étang.

Un représentant du Ministère de l’Agriculture et des Ressources Naturelles basé à Thomazeau, l’agronome Yvon Francois,  a déploré le fait que les pêcheurs ne laissent guère la vie sauve aux tout petits poissons qui n’ont même pas le temps de se reproduire.  Toujours selon l’agronome: “la survivance de la population dépendait en grande partie des richesses du lac, prolifique en anguilles et en petits lapias communément appelés le poisson des pays en développement.  Aujourd’hui, c’est le déclin, le déboisement et l’isalubrité qui s’installent”.

La population des zones avoisinnantes du lac se tourne depuis quelque temps dans la coupe effrénée des arbres qui protégaient l’environnement du lac.  Si ces pratiques restent inchangées, les environnementalistes  prévoient l’ensablement et la pollution accélérée du lac, résultant des méfaits de l’érosion et de la population qui ignore l’impact de ses actions négatives sur le lac et son environnement.

Selon François, l’une des conséquences majeures que ceci entrainera est  une rareté d’oxygène fatale pour les rares espèces aquatiques restantes.  Ceci diminuera d’avantage les maigres ressources poissoneuses disponibles, un sérieux manque à gagner pour les pêcheurs.

Les gens de la commune de Thomazeau ont lancé un appel de détresse aux pouvoirs publics pour qu’ils incluent la protection du lac par des actions concrètes dans leurs priorités.  Ils appellent aussi les institutions nationales qu’internationales, soucieuses de la protection de la flore et de la faune aquatiques. Selon plusieurs Thomasselais, une solution possible est le réboisement de l’environnement immédiat et la protection des espèces qui ont survécu les assauts de l’homme aussi bien que l’introduction de nouvelles espèces pour rétablir l’équilibre.

Mais plusieurs tentatives de redressement envisagées  par les pouvoirs locaux et publics ne seraient  pas appliquées, selon François.  Le Ministère de l’Agriculture et des Ressources Naturelles aurait envisagé, mais pas implémenté l’ensemencement du lac.  De plus, le lac Azeui n’est pas inclu dans le Plan Directeur du Tourisme élaboré par la Secrétairie d’Etat du Tourisme pour la relance du tourisme en Haiti.

Le responsable d’une banque de données sur l’environnement, précise que le lac est proposé sur la liste des 35 sites  naturels d’Haiti  à protéger ou sous protection, mais cela reste toujours à l’état de proposition.

Le Maire de Thomazeau, M. Roland Charles, affirme sa volonté d’aider à protéger et assurer l’assainissement du lac et de son environnement, mais il exige la participation des communautés avoisinnantes et le support des pouvoirs publics.  Il estime que la population a besoin d’être éduquée sur l’importance de la protection de l’environnement, de même que l’impact de leurs actions négatives dans l’environnement.

Jean Claude Louis, basé sur des contributions variées d’un groupe de journalistes et étudiants en visite à Thomazeau.

Archive, année 2000.