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Combattre la traite de personnes reste un défi à relever pour Haïti. En dépit des instruments légaux adoptés et la création du Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP), Haïti reste un mauvais élève dans la région des Caraïbes. De quoi porter le Département d’Etat américain a indexé Haïti dans son dernier rapport sur le phénomène de traite de personnes.

Haïti n’a pas fait assez pour combattre le phénomène de la traite des personnes. C’est ce qui ressort du rapport du Département d’Etat publié le 2 juillet 2016. Haïti et six autres pays sont sur la liste noire des Etats qui n'ont pas fait assez pour combattre le trafic de personnes.

«C’était prévisible que l’Etat Américain allait trancher en ce sens», a réagi Thomas Jean Philipe, le représentant du secteur des droits humains au sein du Comité national de Lutte contre la Traite des personnes (CNLTP).

M. Jean Philippe parle en connaissance de cause. Car, d’après lui, l’Etat haïtien n’a pas fait assez pour combattre la traite des personnes. Pour preuve, sept mois après son installation, le CNLTP composé de douze membres n’a toujours pas de bureau de travail, encore moins une gourde de l’Etat haïtien.

La traite prend plusieurs formes en Haïti. « Des enfants vendus comme des bétails au prix de 300 us à la frontière, dénonce le défenseur des droits humains. Les cas des enfants domestiques (restavek) est le plus répandu. Certains orphelinats ne remplissent pas les conditions et trafiquent les enfants pour enlèvement d’organes ou pour adoption illégale à des étrangers. »

« Les conséquences de la traite ne sont pas anodines, précise Thomas Jean Philipe qui croit qu’au XXIe siècle la personne humaine ne devrait pas être traitée comme un objet. Déception, traumatisme, prostitution, délinquance juvénile, séparation des enfants avec leur famille, sont autant de maux que la traite charrie derrière elle. » Pourtant, la dignité de la personne est un droit garantit par la Déclaration universelle des Droit de l’Homme de 1948 en son article premier.

La loi de 2014 donne au CNLTP le plein pouvoir pour trouver des solutions au problème de la traite si on croit M. Thomas. La commission n’a pas simplement une mission nationale, mais aussi transnationale. Il travaillera de concert avec des institutions internationales telles que la FBI, la CIA et la interpole. La commission demande à l’Etat de mettre les moyens nécessaires à sa disposition en vue de faire son travail. Faute de quoi, Haïti encourt des sanctions allant jusqu’à bloquer tout financement extérieur

La loi du 02 juin 2014 en son article 1.1.1 désigne l’expression “ traite de personne”  comme le recrutement, le transport, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou de le recours à la force ou autres formes de contrainte, par enlèvement, par la fraude, la tromperie, par l’offre ou l’acceptation de paiement ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre à des fins d’exploitation. L’exploitation inclus le travail force, le mariage force, la mendicité force, forme d’exploitation sexuelle, prélèvement d’organes, adoption illégale.


Pierre René Brianvil

Ce reportage a été réalisé dans le cadre de l’atelier de renforcement de capacité des jeunes professionnels des médias et bloggeurs sur « les droits humains, la gouvernance et la démocratie » organisé par Panos Caraïbes en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Bureau régional pour les pays de la Caraïbe et de l' Amérique Latine (BRECAL)  du 4 au 8 juillet 2016.